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Thomas Mainardi : un reflet de notre société à travers des peintures Pop Expressionnistes

Autoportrait orange et bleu
Thomas Mainardi est un jeune peintre qui multiplie les expositions partout dans le monde. A travers ses codes graphiques Pop Expressionnistes, il éveille la sensibilité du spectateur et l’amène à se questionner sur notre société actuelle et sur les êtres qui la composent. Afin de nous décrire son parcours et ses projets, ce surdoué de la peinture a accepté de répondre à mes questions.






Léa Ladjevardi : A quel moment avez-vous débuté votre travail et dans quelles conditions ?
Thomas Mainardi : J'ai toujours pratiqué différentes disciplines artistiques (le dessin, la peinture, la maquette, la peinture sur figurines fines, le graffiti et enfin le graphisme durant mes études). Cela fait maintenant cinq ans que je peins sur toiles. Après avoir travaillé en agence de publicité à Paris comme directeur artistique, j’ai créé ma propre agence. J'ai ensuite revendu les parts de celle-ci lorsque les expositions ont commencé à se multiplier. Depuis deux ans, je me consacre totalement à ma peinture. Les conditions de mon travail ont été longtemps assez peu confortables. Je travaillais dans mon petit appartement de la place de la Nation à Paris, qui manquait d'espace et de lumière.


Le poids du doute


LL : Quelle a été votre motivation pour vous diriger vers cette voie ?

TM : C'est plutôt cette voie qui s'est imposée à moi, ou plutôt qui est revenue à moi, alors que je travaillais dans un milieu plus standardisé, la communication. Ce qui était un passe temps est devenue une passion dévorante, l'envie s'est transformée en rage, en obsession. Quand j'ai réalisé ma première exposition à Montmartre, c'était comme un rêve inaccessible qui se réalisait. Aujourd'hui, en un peu plus de deux ans, j'ai exposé près de 30 fois, dont 5 fois à l'international. La peinture m'équilibre, alors que le soutien et l'amour du public sont une force immense pour persévérer.

LL :  Pourquoi avez-vous choisi le Pop Expressionnisme ?

Hypnotic instinct of venality
TM : Le Pop Expressionnisme, que je qualifie d'hybride, est à la croisée de différents mouvements qui s'entremêlent dans mon travail, à mi-chemin entre l'Expressionnisme abstrait et le Pop Art. Mais cela ne s’arrête pas là. C’est aussi un travail personnel expiatoire et introspectif qui me soulage car frôle souvent mon inconscient.

Je pense que ce qui frappe l'œil du spectateur ou du visiteur lors d'une exposition, c'est d’abord part le côté éminemment graphique et minimaliste de mes personnages. C’est en réalité très Pop et très urbain. Ensuite leur attention est captée par l’émotion forte qui passe par leur regard, leur attitude provocatrice, lascive ou sensuelle et les couleurs qui offrent à chaque œuvre son univers propre.

Des codes graphiques reviennent alors couramment dans mon travail (les couleurs bleues et roses, les plumes, les cœurs, les chapelets, Paris, l’érosion des textures, les lignes, les coulures...).

LL :  Avez-vous été influencé par d'autres artistes et si oui, lesquels ?

TM : Des mouvements artistiques modernes et contemporains comme l’Expressionnisme abstrait, avec Mark Rothko par exemple, Le Street Art d’Obey, et bien sûr le Pop Art mais en y intégrant une sensibilité différente, moins froide que celle qui colle à l’image de Warhol et de son travail, m’ont influencé dans la réalisation de mes œuvres.

Je revendique pour ma part une forme onirique, romantique, poétique et parfois politique du Pop Art, par l'analyse critique de notre société consumériste contemporaine. Une certaine forme de mélancolie transpire souvent de mes œuvres.



My wounded selector

Plus concrètement, mon travail s'inspire de "l'Humain", de la société urbaine et de leurs paradoxes, c'est-à-dire des femmes, des hommes et de leurs rapports parfois ambigus, ambivalents et complexes, de leurs égos qui s'affirment et qui s'opposent : 
 
- les codes d'une séduction libre (la sensualité féminine et/ou masculine, l'érotisme d'une attitude anodine, un regard mutin ou dérangeant, en allant même parfois jusqu'à la pornographie),

- la violence de notre société de consommation (la publicité, dont je suis issu, nos caprices, notre soif de liberté, nos ambitions, nos rêves qui nous rongent parfois et nous font passer à côté de notre vie, sans parvenir à nous satisfaire de ce que l'on a).

- mais aussi notre masochisme, notre propension au bonheur ou au contraire au mal être, les tumultes de l'existence, les déceptions amoureuses, l'osmose, l'alchimie de l'amour que l'on espère.

Orgasmic pain
LL : Quelles sont les techniques que vous utilisez ?

TM : Elles sont toutes très personnelles. Je travaille généralement en quatre étapes. Tout d’abord, je réalise le fond abstrait.
Ensuite, je prépare toujours une maquette pour mes portraits. En partant d'une photo originale ou d'un mix de plusieurs, j'effectue un long travail graphique préalable, sur lequel j'ajoute des éléments. Je sélectionne les zones d'ombre et de lumière avant de les recomposer sur la toile. Puis, je rassemble tous les détails. Enfin, je ré-harmonise le tout en réadaptant des éléments du fond au visage par de petites modifications afin de rendre le tout le plus puissant possible.

Sur ma dernière œuvre par exemple, j'ai apporté de nombreuses rectifications avant d’atteindre le résultat escompté, à savoir plus de douceur dans le visage. Beaucoup de transformations peuvent donc intervenir dans ce processus d'évolution.


LL : Quelle est votre actualité artistique ?

TM : Je viens de déménager mon atelier. Et en ce moment même, j'expose à la Galerie Homeling de Toulouse jusqu'au 9 avril (prolongations).

J’ai également exposé durant l'événement Artoulouse qui a eu lieu en février dernier.

Enfin, mon nouveau site web vient d’être mis en ligne (www.thomasmainardi.com).

  

LL : Quels sont vos projets futurs ?

TM : Après de nombreuses expositions en 2010 en France et à l’international (New York, Pékin, Shanghai, …), je reprends le travail avec vigueur et inspiration. J'ai évidemment plusieurs toiles en cours de création mais pas seulement.

Je prépare une exposition collective à Berlin et peut-être une autre sur le Pop Expressionnisme dans un musée au Brésil. Plusieurs autres expositions sont prévues en France (Meudon en juin et Vence en août), mais je prépare aussi des concours nationaux et européens.

Enfin, un petit livre/catalogue sur mon travail est également en projet.

LL : Quels conseils donneriez-vous à de jeunes artistes qui souhaiteraient débuter ?

TM : L'étape primordiale est de se connaître, se chercher, trouver sa "patte" et son style. Cela prend du temps.

Ensuite, il faut toujours croire en soi et ne jamais baisser les bras. Même en cas d'échec, il est nécessaire de savoir rebondir. C'est un milieu très difficile qui juge beaucoup, il convient donc se blinder.

Enfin, afin de travailler son réseau, je conseille vivement d’être ouvert aux autres, d’aller à leur rencontre et d’être curieux.

Pour conclure, les jeunes artistes doivent être conscients qu’ils doivent toujours garder la tête froide, confiance et envie dans les moments de doute et de solitude comme rester humble et simple lors de l'effervescence des vernissages et durant les périodes plus fastes.

 


Je tiens à remercier Thomas Mainardi pour m’avoir accordé cette interview.  Je rappelle qu’il nous donne également la possibilité de suivre ses actualités et de découvrir ou redécouvrir ses œuvres sur son site (www.thomasmainardi.com).


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